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OBEYE FALL

Comme beaucoup d'enfants africains, Obeye Fall, né à Saint-Louis du Sénégal, a fabriqué ses propres jouets, des petites voitures, avec des boites de conserves et du fil de fer et a modelé des figures totémiques, les varans, avec la boue du fleuve. Ces premiers gestes artistiques l'ont sans doute poussé, après ses études secondaires, à intégrer l'atelier de recherches d'arts plastiques de Pierre Lods, un ami d'André Malraux, puis à suivre son enseignement au sein de l'école nationale des beaux-arts de Dakar.
Expositions personnelles et collectives, résidences et workshops lui ont permis de baliser peu à peu sa voie et sa démarche artistique.
Installé depuis quelques années à Castres, empreint d'une profonde culture des différentes civilisations, il offre un travail sur la fracture, sociale et culturelle. Il creuse encore et toujours sa quête personnelle : la matière. «Je travaille obstinément la matière tout en cherchant à résoudre des problèmes plastiques. Presque par hasard, je suis tombé sur les craquelures.», ses toiles, peintes et travaillées à même le sol, déclinent autant de déchirures et de tremblements de la matière. Même des coupures de presse, issues de numéros de La Dépêche du Midi, sont la proie des ses interrogations. «Les craquelures, c'est une matière chaotique… analogiquement cela peut être le chaos social, ou celui de la vie qui avance. Les outrages du temps. La vieillesse sur la peau. Certaines de mes toiles portent la mention générique Relique temporelle. D'autres, Sismochrome chromatique. Celles-ci offrent une lecture différente selon la mise en scène : la lumière, les ombres, la position du regard…»

Ne demandez surtout pas à l'artiste les secrets de sa technique. Celui qui appose des objets rituels, dont des grigris, vous indiquera seulement qu'il se sert de… marc de café ! Sans doute pour mieux percer les mystères du temps qui se craquelle.

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